Billet 135
"Excité par Pécuchet, il eut le délire de l'engrais. Dans la fosse aux composts furent entassés des branchages, du sang, des boyaux, des plumes, tout ce qu'il pouvait découvrir. Il employa la liqueur belge, le lisier suisse, la lessive, des harengs saurs, du varech, des chiffons, fit venir du guano, tâcha d'en fabriquer -- et poussant jusqu'au bout ses principes, ne tolérait pas qu'on perdit l'urine ; il supprima les lieux d'aisances. On apportait dans sa cour des cadavres d'animaux, dont il fumait ses terres. Leurs charognes dépecées parsemaient la campagne. Bouvard souriait au milieu de cette infection. Une pompe installée dans un tombereau crachait du purin sur les récoltes. A ceux qui avaient l'air dégoûté, il disait : "Mais c'est de l'or ! c'est de l'or." -- Et il regrettait de n'avoir pas encore plus de fumiers. Heureux les pays où l'on trouve des grottes naturelles pleines d'excréments d'oiseaux !"
Gustave Flaubert " Bouvard et Pécuchet", 1880
Article Modifié le mardi 26 août 2008 à 18:07
Posté mardi 26 août 2008 à 17:54
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Quiconque se rend aux J.O de Pékin, ce fut une évidence d‘avant les Jeux, apporte sa caution au régime chinois d'un aller-retour déshonorant vers la plus grande prison du monde, célébrant ainsi des Jeux du cirque médiatiques à la seule gloire d'une dictature qui n'a de communiste que le nom. Qu'il faille être un benêt de sportif,nous assure-t-on, ou de journaliste sportif, pour aller fouler des stades bâtis dans l'urgence et peut-être à coups de fouets, une tradition plus vieille que la grande Muraille, par des immigrés de l'intérieur chassés aussitôt les travaux terminés, auxquels on aura intimé l'ordre de retourner dans leurs villages rejoindre leurs familles, la pire chose qui pouvait leur arriver certainement. C'est dans une piscine de sang tibétain qu'allait tremper le popotin adoré de Laure Manaudou ! Et la paire d'Adidas de nos athlètes fouler la démocratie, les Droits de l'Homme réduits en poussières ! La capitale chinoise ? Un immense cloaque enfumé, dont les habitants assiégés dans leurs Hutong par des promoteurs à épaulettes sont jetés manu militari dans des F2 avec WC et salle de bain en céramique ! Mais quelle honte ! Pékin, plus polluée que Londres pendant la révolution industrielle. Les Chinois ? De quasi robots aux visages sans caractères, sans émotions, tous petits sauf Yao Ming, Boris Karloff du panier à trois points tout droit sorti d‘un laboratoire... Un peuple uniforme, capable de déjeuner le midi d'un civet du meilleur ami de l'homme et, sans plus de discernement d'envoyer l'après-midi un plein car de CRS aux confins de l'empire, pour battre tout moine cavalant dans les rues de Lhassa en serrant sur sa poitrine un poste de télévision tombé subrepticement de la vitrine d'un commerçant avide et Han un peu plus tôt. Barbarie ! Oui, nous assistons aux jeux de la honte, mais à Paris - 2008, là où l'on distribue les médailles d'humanité et d'inhumanité à longueur d‘année. Vision du bien contre le mal, une conception aux antipodes des philosophies chinoise et Tibétaine, du Grand ou du Petit Véhicule Bouddhique. A Pékin, en fait de tortures, il semble qu'on fêta les Jeux avec entrain, à voir la mine quotidiennement réjouie de Gérard Holtz pourtant au turbin, et de ses invités médaillés ou pas. En plus de billets d'avion gratos, de l'accueil chaleureux des indigènes, d'infrastructures nickels, il y en avait pour tous les goûts: des temples aux centres commerciaux, du chien et des menus végétariens, des expositions d'art contemporain, l'opéra populaire, canards laqués et plantes médicinales, un feu d'artifice que l'estivant boycottant le temps des Jeux son écran plat Philips (made in China) n'a pas la moindre idée. Le moment est arrivé de tirer le bilan des Jeux: Médaillée de bonze à Paris, la consultante de France Télévision. Alors que l'équipe féminine chinoise d'un sport de ballon, le Hand je crois, vient d'échouer en finale, les « dirigeants » chinois, des officiels du parti, quittent le stade sans un mot ni un geste d'amitié pour ces malheureuses abandonnées à leur chagrin, et notre consultante, plus spécialiste du ballon rond que de choses plus compliquées, d'y voir le mépris des autorités pour celles qui ont souffert doublement, à l'entraînement puis dans le match ultime. En réalité une marque de respect et de pudeur, vu de Chine. Pourquoi infliger à des sportives, accablées par ce qui vient de leur arriver à l'instant, la présence de ces dirigeants du sport chinois envers lesquels elles estiment devoir justement rendre des comptes, et à personne d'autre ? Pour quelles raisons leur ferait - t - on perdre la face publiquement, n'est - il pas préférable de s'effacer discrètement ou doit - on pleurnicher de concert devant les caméras ? Sur la même marche du podium, toujours sur Franchouille Télévision, dans les studios de Télématin précisément, un journaliste sportif relate avec neutralité l'évènement de la veille: l'élimination de Liu Xiang, coureur chinois du 110 mètres haies et héros national, souffrant d'un talon d'Achille ( sic ), et qui n'aura titubé que quelques mètres avant d'abandonner. Les travées du stade s'en sont vidées et Liu Xiang est rentré chez lui en s'excusant. Là, le mannequin officiant à la place de William Lémergie au JT, tout en interrogeant du regard le reporter, conclu sur un mode affirmatif: « Il va être puni... ». La médaille d'Or ou la prison. Nous attribuons par conséquent la médaille de Bonze à l'apprentie méritante, après visionnage de la vidéo. Le match fut plus serré pour la médaille d'Argent aux jeux de la Honte entre Ségolène et Bob, jusqu'à ce que Robert n'abandonne, prétextant des vacances. Bob, de son vrai nom Robert Ménard, mercenaire de la liberté à RSF, après avoir placé la barre très haut s'incline, finalement résolu à ce que nous allions à Pékin, pourvu qu'un pin's vienne décorer le revers de notre veston, ou mieux que l'on soit prêt à s'immoler sur la torche en brandissant une oriflamme Free Tibet sous le nez des Pékinois. Mais on a perdu la trace de Bob. C'est donc Ségolène Royal, venant tout juste de s'inviter au Tibet cet hiver, si quelque un pouvait la prévenir qu'il n'y a que deux saisons là - bas et que nous sommes sur la face Nord de l'Himalaya... Qu'elle ne s'imagine pas, en bouclant sa valise, pouvoir se rabattre sur la gastronomie locale, la malbouffe y sévit plus qu‘ailleurs: hors les restaurants chinois, les risques de diarrhées sont à prendre en compte avec le plus grand sérieux, avec les conséquences que cela pourrait avoir pour l'aura d'amour et de paix que souhaite irradiée la dame Blanche en ces hauts lieux spirituels. Mise en garde également sur le trajet lui-même, je conseille, plutôt qu'une marche en compagnie de porteurs Népalais, d'emprunter le flamboyant train de l'Amitié, après tout le Bouddhisme est arrivé à pied par la Chine, équipé des indispensables masques à oxygène, ou simplement China Airlines, une compagnie sûre, le vol s'effectuant en Airbus, et aux tarifs très abordables pour le budget du Conseil Régional de Poitou-Charentes. Quelques jours sur les hauts plateaux du Tibet suffiront, je l'espère, à madame Royal pour dissiper sa vision idyllique d'une région à la nature hostile et à la pauvreté millénaire, à mille lieux de l'image paradisiaque qu'en donna l‘Hollywoodien « Sept ans au Tibet » opportunément diffusé juste avant les J.O sur France 2, dans lequel même le travail des décorateurs ne m'avait pas paru crédible... Un Tibet paisible et propret comme la Suisse, avant l'arrivée brutale des révolutionnaires communistes il y a cinquante ans: désolé, mais c'est du temps de Mao que la Gauche française aurait dû critiquer les Gardes Rouges, et c'est aujourd'hui qu'il faut encourager, par une attitude bienveillante, la démocratisation de la Chine. S'il y en a un qui regrette amèrement aujourd'hui d'avoir pris pour argent comptant la propagande occidentale, c'est le recordman du monde de marathon ayant refusé de prendre part aux Jeux, persuadé qu'il était de tomber malade en respirant l'air de Pékin: c'est avec joie que nous attribuons donc à Hailé Gebreselassié la médaille d'Or de la connerie. Post-scriptum: Un incident informatique m'a privé d'ordinateur cet été. Ayant perdu presque dix années d'archives et divers contenus, je vous prie de m'excuser pour le manque de références, sources et liens dont j'aime agrémenter les articles de ce blog. Et la moisson qui n'en fini pas...
Article Modifié le jeudi 21 août 2008 à 10:37
Posté jeudi 21 août 2008 à 09:35
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Billet 133
Sous-développement durable à Stalingrad les bains
La municipalité communiste nouvellement élue à Dieppe vient d’annuler le permis de construire d’un ambitieux projet immobilier sur d’anciennes friches portuaires, idéalement situées au cœur du petit port normand. Selon l’ancienne majorité de Droite, cet ensemble constitué d’immeubles plutôt haut de gamme et d’activités commerciales et touristiques autour du Bassin du commerce, devait être un atout phare pour le développement de la petite cité balnéaire.
Patatras, les communistes de retour, le nouveau et brillant maire, il est très photogénique, a décidé d’annuler le permis et déposé sur la table un projet municipal de logements sociaux, services publics et autres joyeusetés destinées probablement à rejeter l’étranger à la mer, et plomber pour longtemps l’attrait touristique de la commune, actuellement le principal facteur de développement économique.
Ce nouveau projet municipal paraît totalement incohérent d’un point de vue urbanistique, il y a dans la commune suffisamment de friches industrielles où bâtir des HLM et installer des agences A.N.P.E, et n’apportera de satisfaction qu’à l’heureux veinard arrivant à décrocher un appart à loyer modéré avec vue imprenable. En prime la garantie d’un silence d’hôpital dès 20 heures, si le cri des mouettes et les aboiements des pitbulls ne sont pas classifiés d'ici là en tapage nocturne, bien entendu...
La Normandie vue de l’étranger, ou le charme de la Normandie dans un film promotionnel très réussi:
Article Modifié le vendredi 25 juillet 2008 à 23:56
Posté vendredi 25 juillet 2008 à 23:22
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Billet 132
Il y a exactement un an, le 23 juillet 2007, je vous avais fait part du profond désarroi qui avait saisi les vacanciers pendant cet été frais et pluvieux sur toute la France.
Les journalistes des télévisions s’étaient apitoyés sur le sort des estivants pris en otage par cette météo capricieuse. Campings inondés, plages désertées, restaurateurs faisant la gueule, annulation de séjours rythmèrent ainsi l’information quotidienne, et pas un détail du malheur des foules estivales ne nous fut épargné. A l’inverse, les conséquences sur le monde agricole restèrent à peu près sans écho, et pratiquement aucun reportage des télés parisiennes, exception faite de Fr3-Région comme son nom l’indique, ne relaya les difficultés de récoltes ou la chute générale des rendements. Ce n’est qu’à la rentrée en faisant ses courses que le consommateur enfin s’est rendu compte des conséquences du mauvais temps sur son « pouvoir d’achat ». L’augmentation des prix des produits alimentaires était pourtant assez prévisible, surtout que l’Europe n’a pas été le seul continent à subir inondations et sècheresse. Bien entendu on trouva rapidement un bouc émissaire à l’envolée des étiquettes, en particulier la production américaine de maïs à usage non alimentaire sur laquelle tout le monde s’accorda à dénoncer les conséquences désastreuses sur la sécurité alimentaire. Un retournement inattendu des causes pour une agriculture considérée jusqu’ici hyper productiviste et mettant à mal les agricultures vivrières du Sud. Il fallut un certain temps avant que l’on n’évoque aussi d’autres facteurs moins politiques.
Seulement voilà, le risque cette année est d'avoir une pléthore de marchandise dans les principaux secteurs de la production agricole, au moins en ce qui concerne les produits alimentaires de base, la cause étant une météo clémente, les Américains persistant à cultiver le maïs pour produire de l’éthanol. Les années se suivent et ne se ressemblant pas, c’est donc le moment d’annoncer une petite baisse des prix aux consommateurs, n’est-ce pas ? Hum… vous ne croyez pas à la baisse des prix au supermarché, ou bien à quelques centimes de moins sur la baguette ? J’avoue, moi non plus, mais peut-être qu’un journaliste de Téhèfaim pourrait-nous en détailler les raisons, ils sont au courant de tellement de choses ! Allo Jean-pierre ?
> Prévision des échanges sur le marché du blé 2006-2007 : Blé tendre et blé dur, campagne 2006-2007, (Source Référence Appro Octobre 2006) Union européenne à 25: Production 118 Mt ; exportation 16 Mt, importation 9 Mt. Amérique du Nord : Production 77 Mt ; exportation 45,5 Mt. Amérique du Sud : Production 21 Mt, exportation 9 Mt, importation 13 Mt. Afrique sud Sahara : Production 24 Mt, importation 30 Mt. Asie : Production 201 Mt ; importation 33 Mt, export 2 Mt. Océanie : Production 20 Mt ; import 1 Mt, exportation 19 Mt. CEI+ états Baltes : Production 80 Mt, exportation 15 Mt, importation 4 Mt. Proche-Orient : Production 39 Mt, importation 13 Mt, exportation 3 Mt Consommation mondiale : 611 millions de tonne. Production mondiale : 593 Mt. Part des échanges : 112 Mt. Stock début de campagne : 117 Mt. > PRODUCTION REELLE 2006-2007: 604 millions de tonne. (Source CIC-ONIGC, avril 2008) > Prévision pour 2008 : Production mondiale de blé 2007-2008 : 646 millions de tonne. (CIC-ONICG, avril 2008), les toutes dernières estimations envisageraient une production fleuretant avec les 660 millions de tonne.
Article Modifié le mercredi 23 juillet 2008 à 23:16
Posté mercredi 23 juillet 2008 à 22:38
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Le tour de France d’un agronome
Billet 131
4 juillet 1789
« Château-Thierry est situé sur la même rivière. J’y arrivais à cinq heures et, dans une période si intéressante pour la France et même pour l’Europe, je désirais voir un journal. Je demandais après un café ; il n’y en a pas dans la ville. Il y a deux paroisses et quelques milliers d’habitants et pas un journal à lire pour un voyageur, même en un moment où tout devrait être inquiétude. Quelle stupidité, quelle pauvreté et quel manque de circulation ! Ce peuple ne mérite pas d’être libre, et s’il y avait la moindre tentative vigoureuse pour le maintenir dans la servitude, elle ne manquerait pas de réussir. »
13 juillet 1789
« Metz. Dîné à table d’hôte avec sept officiers ; de leur bouche, en ce moment si important, où la conversation est aussi libre que la presse, il n’est pas sorti un mot dont j’eusse donné un fétu ; ils n’ont abordé aucune question plus importante que celle d’un vêtement ou d’un petit chien. Aux tables d’hôtes d’officiers, vous ne trouvez que volubilité obscène et absurde, et à celle des marchands, que silence morne et stupide. Prenez la masse des hommes et vous avez plus de bon sens en une demi-heure, en Angleterre, qu’en une demi année en France. Gouvernement ! Et encore : Tout – tout – est l’œuvre du gouvernement. »
27 juillet 1789
« Besançon ; au-dessus de la rivière, le pays est montagne, bois ; de beaux paysages. Je n’étais pas arrivé depuis une heure que je vis passer près de l’auberge un paysan à cheval, suivi par un officier de la Garde Bourgeoise (il y en a mille deux cent sous les armes), avec un détachement, à la cocarde tricolore, et celui-ci suivi par de l’infanterie et de la cavalerie. Je demandais pourquoi la milice prenait le pas sur les troupes du roi. Pour une bonne raison, me répondit-on, les troupes seraient attaquées et massacrées, mais la populace ne résistera pas à la milice (1). Ce paysan, qui est un riche propriétaire, a eu recours à la garde pour protéger sa maison, dans un village où l’on pille et l’on brûle fort. Les méfaits qui ont été commis dans le pays, vers les montagnes et vers Vesoul, sont nombreux et horribles (2). Beaucoup de châteaux ont été brûlés, pillés, les seigneurs, pourchassés comme des bêtes sauvages, leurs femmes et leurs filles, enlevées, leurs papiers et leurs titres brûlés, toute leur propriété détruite ; et ces abominations n’ont pas été infligés à des personnes de marque, que leur conduite ou leurs principes auraient rendues odieuses ; c’est une rage aveugle, qui ne distingue pas les personnes, c’est l’amour du pillage. Des voleurs, des galériens, des chenapans de toutes catégories ont rassemblé les paysans et les ont poussés à commettre toutes sortes d’outrages. Des gentilshommes, à la table d’hôte, m’ont appris que l’on recevait des lettres du Mâconnais, du Lyonnais, de l’Auvergne, du Dauphiné, etc., et que partout on perpétrait des désordres et des méfaits analogues ; l’on s’attendait à ce que le mouvement gagnât la France tout entière. Il n’est pas croyable combien la France est arriérée pour tout ce qui touche aux informations. De Strasbourg jusqu’ici, il m’a été impossible de lire un seul journal. Ici, j’ai demandé le cabinet littéraire. Il n’y en a pas. Les gazettes ? Dans les cafés. C’est très vite répondu : mais ce n’est pas si facile à trouver. Rien que la Gazette de France (3), pour laquelle, en ce moment, un homme de bon sens ne donnerait pas un sol. J’ai été dans quatre autres cafés ; dans quelques-uns, il n’y a pas du tout de journaux ; au Café militaire, le Courrier de l’Europe, vieux de quinze jours ; des gens bien habillés parlent de nouvelles qui datent de deux ou trois semaines, et leur conversation montre pleinement qu’ils ne savent rien de ce qui s’y passe. Dans toute la ville de Besançon, pas trace du Journal de Paris (4) ou d’un autre journal donnant le détail des délibérations des états ; et cependant c’est la capitale d’une province, aussi grande que six de nos comtés anglais, et qui contient vingt-cinq mille âmes ; et chose étrange à dire, le courrier n’arrive que trois fois par semaine ! En ce moment, si fertile en évènements, où il n’y a ni censure, ni la moindre restriction à la liberté de presse, on n’a créé à Paris aucun journal destiné à se répandre en Province, en prenant les mesures nécessaires – affiches ou placards – pour informer le public de toutes les villes de sa fondation.
Aussi le pays croit-il tout le contraire de ce qui s’est passé ; il croit que ses députés sont à la Bastille, alors que la Bastille est rasée ; la populace pille, brûle et détruit, dans la complète ignorance de tout ; et cependant, avec toutes ces ombres de l’obscurité, avec ces nuages de ténèbres, cette masse universelle d’ignorance, il y a des hommes qui, chaque jour, aux états, se vantent de constituer la PREMIERE NATION DE L’EUROPE, LE PREMIER PEUPLE DE L’UNIVERS ! Comme si les ligues politiques ou les cercles littéraires d’une capitale constituaient un peuple, et non l’universelle diffusion des connaissances, agissant, par une rapide communication, sur des esprits préparés, grâce à une habituelle activité du raisonnement, à les recevoir, à les combiner et à les comprendre. Que l’effroyable ignorance, où est la masse du peuple, des évènements qui la concernent le plus intimement, doive être attribuée à l’ancien gouvernement, on ne peut en douter. Cependant, si la noblesse des autres provinces est pourchassée comme celle de Franche-comté – et il y a peu de raison d’en douter – il est curieux de remarquer que cet ordre tout entier subi la proscription, souffre comme un troupeau de moutons, sans faire le moindre effort pour résister à l’attaque. Cela apparaît comme prodigieux, avec un corps qui dispose d’une armée de cent cinquante mille hommes ; car, bien qu’une partie de ces troupes soient prêtent à désobéir a ses chefs, il faut se rappeler, que les quarante mille ou peut-être les cent mille nobles de France, s’il y avait parmi eux entente et union, pourraient remplir plus de la moitié des régiments du royaume avec des hommes qui auraient avec eux une communauté de sentiments et de souffrances. Mais il n’y a parmi eux ni réunion, ni association, ni union avec des hommes de l’armée ; ils ne se réfugient pas dans les rangs des régiments pour défendre ou venger leur cause. Elle n’existe pas en France, cette circulation universelle d’informations, qui, en Angleterre, transmet la moindre vibration de sentiments ou d’alarme, avec une sensibilité électrique, d’un bout à l’autre du royaume, et qui unit en une étroite connexion les hommes dont les intérêts et la condition sont semblables. On peut dire, peut-être avec raison, que la chute du roi, de la Cour, des seigneurs, des nobles, de l’armée, de l’Eglise et des parlements est due au manque d’information, de circulation rapide, et qu’en conséquence, elle est due aux véritables effets de l’esclavage dans lequel on tenait le peuple ; c’est donc une juste rétribution plutôt qu’une punition. »
Arthur Young. « Travels in France » (1792).
Article Modifié le samedi 12 juillet 2008 à 22:57
Posté samedi 12 juillet 2008 à 11:14
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Spécial dédicace : Strawberry fields forever dans une interprétation époustouflante de Ben Harper.
En prime, le couplet unique de la première démo écrite par John Lennon, plus explicite que la version définitive qui sera enregistrée :
No one is on my wavelength,
I mean, it's either too high or too low;
That is you can't you know tune in but it's all right,
I mean it's not too bad.
Qu’un lecteur entende !
Article Modifié le mercredi 09 juillet 2008 à 23:30
Posté mercredi 09 juillet 2008 à 23:02
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Lamy et Sarkozy nous mènent en petit bateau
Billet129
Le patron, socialiste et français, de l’OMC est à sa place : « Je ne connais aucun protectionnisme qui ne porte une dose de xénophobie et de nationalisme. C’est sur le “plus jamais ça” d’après-guerre que s’est bâti le système actuel », a-t-il déclaré dans Libération le 21 mai. [1] Pascal Lamy, ancien commissaire européen, nous met en garde : Se protéger c’est raciste.
En France, autrefois un grand pays, nous partageons dorénavant une vision dont on feint de croire qu’elle est universelle : le droit de l’homme à faire n’importe quoi. Dans les faits, cela ne concerne pas tellement le Français moyen qui se doit d’être exemplaire, mais autorise ceux qui n’ont pas encore bénéficié de nos Lumières d’en profiter :
Par exemple, cultiver des OGM est rigoureusement interdit mais on en importe par cargos entiers. Epouser plusieurs femmes est inenvisageable, pourtant je connais plus d’un Africain à Paris qui a fait venir sa tribu. Un professeur donne-t-il une gifle à un mauvais élève, qu’il fait la une des journaux après une nuit passée au poste assis sur un banc avec un poivrot. Par exemple.
Le libéralisme, sans une dose de conservatisme, expose les plus vulnérables de nos concitoyens. Le petit éleveur de vache limousine n’arrive pas à lutter contre le bœuf brésilien ; sous les toits de Paris, le babil incessant et l’odeur du manioc monte jusqu’au studio qu’occupe l’étudiant en électronique qui du coup dort mal ; le professeur fautif attend, il s’est mis en indisponibilité, que sa mutation soit décidée par un ordinateur, une gestion mise en place par Claude Allègre quand il était ministre de Jospin.
Plus à l’ouest les geôliers d’Ingrid Betancourt, une compatriote (?) de Colombie et de l’avenue Foch, défaits par l’armée colombienne sont invités à s’installer où bon leur semble par le Président de la République des Droits de l’Homme et du citoyen : « La France n'arrêtera pas le combat, a déclaré Nicolas Sarkozy en accueillant Ingrid Betancourt, et tous ceux qui déposeront les armes seront accueillis. » [2] Récompensés, en quelque sorte. L’héroïne prisonnière des Farc décrit ses bourreaux : « Je n’aurais pas donner le traitement que j’ai reçu à un animal ».
Accueillir des milliers de guérilleros, mais qui le demande et de quel combat s’agit-il ? La Colombie ne peut-elle pas les nourrir, pour qu'on doive leur offrir une résidence en France ? Est-ce une condition pour la libération des otages colombiens, qui n’ont aucun lien avec la France, et qu’on accueillera eux aussi : « Je leur ai parlé de la France, pour leur donner des rêves, est-ce que nous pourrions leur offrir de venir ? » a imploré Ingrid Betancourt envers Nicolas Sarkozy, sous les applaudissements et le crépitement des flashs, à l’Hôtel Marigny.
[1] http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/327728.FR.php
[2] Le Monde, 4 Juillet 2008. Voir également sur ce blog :
Article Modifié le lundi 07 juillet 2008 à 06:50
Posté samedi 05 juillet 2008 à 14:15
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La réponse du Béret à la bergère
Billet 128 Jeanne d’Arte au buffet
L’égérie du combat anti-OGM sur Arte m’envoie un mail suite à quelques commentaires irrévérencieux postés sur son blog où elle fait la promotion de son livre « Le monde de Monsanto » et combat l’agriculture productiviste : pour la Jeanne d’Arte altermondialiste, le retour au moyen age est la direction à prendre de toute urgence.
Contrairement à l’usage qui prévaut sur le blog de madame Robin, je n’ai pas pour habitude de publier les mails que je reçois afin de les livrer en pâture à mes lecteurs, encore moins de publier ceux de tiers pour les besoins de la cause, ce qu’elle fait je n’ai pas de motif à le faire, d’humeur joyeuse je n’ai déclaré la guerre à personne pour le moment en dépit d’un pseudonyme aussi affligeant que mon blog.
Cependant, la lecture la semaine dernière du blog de madame Robin « LeMondeDeMonsanto » m’a convaincu que derrière le combat contre la firme qui contrôle 90% des OGM dans le monde, se cache une idéologue rétrograde pesant de tout son poids médiatique pour la conversion de l’agriculture française à l’agriculture biologique, présentée comme la seule solution possible. Avec Arte dans la balance plus quelques autres – un de ces jours je vous raconterai les circonstances désopilantes de mon interview à France Inter – elle estime devoir faire la leçon au lobby agro industriel qu’elle accuse d’empoisonner le monde par votre intermédiaire, messieurs les agri managers. Plutôt risquer mourir de faim que d’empoisonnement, semble dire madame Robin.
Le Roundup hautement toxique
Tant que Marie Monique Robin circonvenait son champ de bataille aux OGM de Monsanto, avouons que cela faisait notre affaire à vous et moi, exception faite de quelques dissidents s’obstinant à cultiver le Mon810. Les agriculteurs sont assez unanimes, toutes tendances politiques confondues, à déclarer n’avoir ni le besoin ni le désir de cultiver des plantes OGM pour le moment. Les Grandes plaines sont en Amérique, les petites plaines en France, et ça, ça change pas mal de choses. En labourant l’antiaméricanisme apocalyptique, la journaliste qui se targue d’être fille de paysan est assurée d’un succès certain sur le marché de la peur et de l’édition. Pourtant vu d’ici, Monsanto c’est avant tout le ROUNDUP©, un désherbant connu du grand public tellement utile qu’il serait dommage d’en annihiler l’efficacité par une utilisation trop systématique ou irréfléchie comme on peut le voir ailleurs. C’et donc sans surprise que cet herbicide est dans la ligne de mire de Marie Monique Robin:
« …Roundup, l'herbicide phare de Monsanto, dont j'ai découvert au cours de mon enquête (j'y reviendrai ultérieurement) qu'il était hautement toxique... »
Que répondre à propos de la découverte qui alarme tant madame Robin ? Rien. Il serait vain d’espérer un dialogue sérieux avec une journaliste « scientifique » proférant une telle connerie, à moins de considérer que tout ce qu’a produit la science est hautement toxique, de la voiture au portable, les transports aériens qu’utilise madame Robin pour mener ses enquêtes n’étant pas exempts de tous reproches. A quand un audit énergétique de Robin, d’Arthus-Bertrand et Hulot ? Cet alarmisme à géométrie variable la décrédibilise totalement à mes yeux, moi qui suis toujours vivant alors que je devrais être déjà mort à l’heure où je vous parle : une seule goutte suffit pour que le Round up vous refile le cancer… d’après le chercheur Robert Bellé [1]. Comment s’étonner dés lors que les sbires de Monsanto ne répondent plus aux accusations de MM Robin ? Elle ne dit pas s’il faut interdire aussi la pipe de Bové et son cocktail chimique, mais pour le ROUND UP il y a urgence ma foi. Naturellement cette mise à l’index du produit phare de Monsanto sous-entend qu’il faudra ensuite interdire les autres substances chimiques vers lesquelles les agriculteurs à la recherche de substituts se retourneront immanquablement, la plupart toxiques si ce n’est plus comparé au Roundup. Ça m’étonnerait qu’elle n’y ait pas pensé…
Un extrait du billet du 22 mars dans lequel Marie Monique Robin, alors en mission à Melle, écrit :
« Dans ce pays rural, où paysans et jardiniers, comme partout en France, ont utilisé en toute innocence les "produits phytosanitaires" - l'euphémisme qui désigne les poisons que nous ingurgitons depuis un demi siècle- promus par le lobbying agroindustriel avec le soutien des pouvoirs publics, soufflait comme un vent de révolte inédit. »
Madame Robin est convaincue que c’est notre bêtise, notre « innocence » écrit-elle, qui nous fait utiliser des produits phytos. Sa façon à elle de nous épargner le fardeau de l’empoisonneur : L’heure est à l’union sacrée des paysans et des jardiniers contre les firmes. Qu’il faille raisonner l’utilisation des pesticides, diminuer leur utilisation ne suffit pas à cette fille de paysan dont l’ignorance en matière agricole se révèle un peu plus à chacune de ses interventions dans le champ médiatique, là où le manque d’assurance lui fait écrire sur son blog à toute personne critique d’être de « mauvaise foi ». C’est bien de foi qu’il s’agit dans le cas de MM Robin, raison de plus de douter de ses capacités.
Voici son mail de lundi qui m’était destiné :
« Attention à la diffamation !
Monsieur
Je tiens à vous informer que je trouve vos propos diffamants et d'une mauvaise foi affligeante. Je vous rappelle que j'ai fait le tour du monde et ai interviewé plus de cent personnes, alors un peu de respect. L'équipe de modérateurs d'ARTE m'a déjà proposé de supprimer vos messages qu'elle juge malveillants et agressifs, et sans intérêt pour la qualité du débat. Je leur ai dit de vous laisser car la pauvreté de vos arguments vous dessert remarquablement. Et puis, un sociologue est en train d'analyser le contenu des messages sur mon Blog, ce que je trouve intéressant. Mais ne passez pas les bornes, en respectant les règles d'un respect minimum.
Cordialement,
Marie-Monique Robin »
Bref, si on veut bien me garder c’est comme objet d’analyse, la science ayant besoin d’étudier ce qui me pousse à commettre des crimes de lèse majesté comme celui d’ironiser à propos d’un forum participatif dans lequel elle tient la vedette [2], et dont elle publie sur son blog le programme détaillé :
Vendredi 27 juin, 14 heures, conférence sur le roundup, lors du forum participatif sur la réduction des pesticides, organisé par le Conseil régional du Poitou Charentes, en présence de Ségolène Royal. …Buffet bio. […]
Voici mon commentaire jugé plus diffamant que sa conférence sur le Roundup: « Un buffet arrosé d' 'huile d'olive "bio", vous vivez dangereusement ! UFC-Que choisir: "sur les 25 huiles d’olive vierge extra testées, les huiles bio ou en biodynamie arrivent en fin de classement." J'espère que le vin est bon, parce qu'un forum participatif sur l'entretien des routes départementales, il faudrait qu'on me paye... Bon courage ! » Béret Vert
Si la forme n’est pas géniale, rien n’est faux, et sur le fond j’utilise une méthode identique à celle de Robin des OGM, consistant à faire mon miel d’une « étude » rigoureuse mais probablement pas définitive [3]. En effet, les huiles estampillées « bio » et testées par Que Choisir se révèlent très oxydées, qu’en est-il alors de ses propriétés anti oxydantes vantées par la publicité pour contrer les radicaux libres, ces derniers dont on prétend qu’ils sont responsables du vieillissement, malgré que les dernières recherches en la matière invalident cette théorie ? Suggérer sur un ton sarcastique mais à partir de sources fiables que le bio n’est peut-être pas la religion qui sauvera le monde, sur le blog de Marie Monique, s’apparente à de la diffamation. En tout cas je comprends que la pilule soit dure à avaler pour les businessmen des compléments alimentaires, l’épicier bio ou votre dealer de pharmacien. Ce qui s’observe en laboratoire ne s’observe pas systématiquement in vivo, et la prudence est de mise face à des résultats d’études qui se contredisent au fil du temps, la goutte de roundup n’ayant probablement jamais tué qui que ce soit, combien même en laboratoire l’ADN des cellules d’embryon d’oursin en serait perturbé !
D’après MMR et le site Arte qui héberge son blog, mes propos sont diffamants, de mauvaise foi et sans intérêt, malveillants et agressifs, tout le portrait de Vert Béret, alors qu’on vient à peine de faire connaissance. J’avoue ne pas être particulièrement fier de ce commentaire pas bien méchant justifiant le courroux des videurs d’Arte, et je conçois que dans leur petite cervelle ils n’aient pu croire un seul instant qu’une huile « industrielle » puisse être meilleure qu’une huile marketé « bio », d’ailleurs ma suggestion s’est trouvée immédiatement contestée par un commentateur admiratif du travail de MMR. Malveillants, peut-être, de là à trouver mes propos diffamants... Quant à la mauvaise foi… on la trouve chez les altermodérateurs d’Arte en état de vigilance maxima, tels des autruches dont les yeux sont plus gros que le cerveau, prompts à la censure en même temps qu’ils font la promo de débats participatifs. Bon Prince, MMR a tout de même rétabli mes commentaires censurés par les larbins de garde ce week-end ; la renarde sait que dans le monde médiatique, mieux vaut être agressé qu’ignoré. Ma peine commuée en sursis, la sentence me paraît équitable ! Merci Marie, tu vaux tout de même mieux que les sbires d’Arte.
Aussi me suis-je senti obligé de justifier l’impair de cette manière: « Mon propos n'est pas de défendre Monsanto, je crois d'ailleurs que les OGM ne sont pas très au point (trop difficile ?). Seulement derrière le bouc émissaire Monsanto je vois se profiler une accusation envers l'agriculture dite "productiviste" et je me sens un peu visé par les arguments de MMR... (Anti-pesticide et autres). C'est la raison pour laquelle j'interviens, car je crois que mes collègues ne le feront pas, ils n'ont pas encore compris qu'après Monsanto c'est eux qui seront sur la sellette, pour l'instant ça les arrange bien que vous attaquiez une multinationale U.S. Je pense que le travail de MMR est utile, qu'il y ait des gens sans scrupules chez Monsanto ou ailleurs n'étonnera personne. »
En effet, l’agriculture « productiviste » qui permet de nourrir tout un tas de feignants est condamnée et les agriculteurs dits conventionnels devront choisir le servage ou la guillotine : « Le retour à l'agriculture biologique est la seule solution: pour les paysans mais aussi pour les consommateurs. » appelle Marie Monique Robin. [4]
Cette phrase absolument remarquable devrait déclencher l’intérêt du sociologue en vol stationnaire au-dessus de son blog, ou d’un psychologue, et mérite toute votre attention : la journaliste ne propose pas d’aller vers l’agriculture bio, mais d’y RETOURNER ! [5] Le retour au Moyen-Âge avec Jeanne d’Arte au buffet, il y a de quoi s’enflammer…
Notes : Dernière minute : comme prévu, la Croisade contre le Roundup vient de démarrer sur le site de madame. [2] Psychothérapie de groupe, dont vous pouvez trouver une illustration dans la vidéo d’un précédent billet (19 juin). [3]http://www.campagnesetenvironnement.fr/produits-de-qualite-ou-produits-ecolos-il-faut-2047.html [5] Aujourd’hui 30 juin sur France Inter, un invité, le représentant des gentils qu’on n’interrompra pas pendant l’émission, prétendait que la suppression des jachères était une mauvaise chose, car la terre a besoin de se reposer : un argument déjà entendu au 19ème siècle alors que la culture du trèfle s’imposait, mettant fin aux jachères…
Article Modifié le mardi 01 juillet 2008 à 18:47
Posté mardi 01 juillet 2008 à 17:33
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Ce billet est classé dans la rubrique "Altermondialos 2008"
Article Modifié le mercredi 09 juillet 2008 à 23:54
Posté samedi 28 juin 2008 à 23:15
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Cadeau des écologistes aux concessionnaires automobiles
Billet 126
Graphique : cours du pétrole
Le « succès » du plan bonus malus, pour décourager l’achat d’automobiles émettant trop de CO2 et encourager les automobilistes à se tourner vers des « véhicules propres », guillemets de rigueur puisque les automobiles émettant le moins de CO2 ne sont pas forcément les moins polluantes, Diesel oblige, est en réalité un échec. Cette mesure sensée être neutre pour le budget de l’Etat coûte déjà plusieurs centaine de millions d’euros dés le début de sa mise en oeuvre, l’effet d’aubaine ayant joué à fond, l’Etat a dû distribuer beaucoup plus de bonus qu’initialement prévu. Un plan foireux dont l’impact sera difficile à évaluer, l’augmentation du prix des carburants à la pompe pesant de plus en plus dans la motivation d’achat de voitures moins gourmandes, une tendance de fond que l’Etat ne fait qu’accompagner maladroitement. Ce faux pas, personne n’en dit mot de crainte qu’on ne lui retire ses subventions… de fait, l’annonce quasi hebdomadaire de nouveaux plans auxquels les ministres qui se succèdent adorent accoler leur nom, peu importe le résultat, maison à cent mille balles et autres rêves de fonctionnaires, participent du grand gaspillage que d’autres s’épuisent à dénoncer depuis des décennies, vainement.
Où l’on retrouve nos amis du CNASEA…
Incroyable mais vrai : à quels grands spécialistes a-t-on confié la gestion du dispositif bonus-malus écologique ? Au Centre National pour l'Aménagement des Structures des Exploitations Agricoles, distingué par sa gestion de la…PAC, la Politique agricole commune !
Cadeau bonus
Gaspillage toujours avec l’amende que la France traîne depuis mars 2001, date de la directive européenne sur les OGM que nous mettrons sept ans à retranscrire en Droit français, 233 764 euros par jour de retard si la Cour européenne applique les pénalités réclamées par le procureur. Faites le calcul : environ 630 millions ! Merci du cadeau !
http://www.cnasea.fr/accueil/homepage.htm
http://www.impots-utiles.com/bonusmalus-ecologique-un-beau-bordel-organise-par-letat.php
Article Modifié le dimanche 22 juin 2008 à 21:54
Posté dimanche 22 juin 2008 à 12:55
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Ce billet est classé dans la rubrique "Socialos 2008"
"Il y a certaines vérités qu’il ne suffit pas de persuader, mais qu’il faut encore faire sentir."
MONTESQUIEU (1689-1755)