La Vidéo agricole fait une entrée remarquée sur le net.

Un clip internet primé par le SYRPA, des vidéos machinisme du SIMA en ligne, des reportages au SIA de la porte de Versailles, une mise en vidéo de matériel à vendre sur l’exploitation, … un nouveau monde d’images se profile sur le net agricole. Il préfigure de nouveaux services à venir qui utiliseront du haut débit. Il est grand temps que toutes les exploitations soient connectables en ADSL, alors que déjà le « Très Haut Débit » commence à s’installer dans les coeurs de villes. Désolé pour ceux qui sont encore en RTC mais pratiquement tous les liens qui suivent conduisent à des vidéos.
Des artistes s’emparent du monde agricole au festival AgriCinéma du SYRPA qui a remis son prix « Talents en herbe » aux élèves de terminale du lycée Thère, dans la Manche pour leur clip chanson « Deux peuples à casquettes »

Ce clip a été déjà vu par 4000 personnes en quelques jours; il participe à renouveler l’image passéiste qui colle à la peau des agriculteurs (pour ne pas dire « Bouseux » terme que j’ai encore vu dans un blog très fréquenté cette semaine). Bravo à Stéphanie Jouet leur enseignante et à toute la classe.

« Basket et salopettes
Nous, on s’est mis au vert
Pas besoin de Karcher
On n’est pas sur la paille
Quand on a du bétail
Pour élever des petits veaux
On n’est pas des blaireaux. »

D’une manière générale le palmarès du SYRPA, de cette année marque à mon avis un virage dans la communication agricole. Elle sort de son ghetto et rejoint dans sa forme et sur le fond la communication grand public.Dans le même temps, les salons sont l’occasion de mettre en ligne pour la première fois de nombreuses vidéos professionnelles.Ainsi au SIMA Terre-net a réalisé une dizaine de clips commerciaux diffusés sur son site via Dailymotion.

COMEXPO propose des reportages quotidiens sur le Salon de la porte de Versailles diffusés également sur Dailymotion.

Des exploitants précurseurs tournent déjà des vidéos de leur matériel à vendre comme ce tracteur Belarus 1986, préfigurant ainsi un nouveau marché de petites annonces.

La Binée Paysanne, une organisation de vente en ligne décentralisée.

la-binee.jpg

Pour répondre à la forte attente des agriculteurs sur l’utilisation d’internet comme outil de vente des produits de l’exploitation,(voir l’enquête Agrinautes) et en prévision du prochain colloque Agrimédia du 7 mars prochain je vous propose de faire connaissance avec le fonctionnement d’une association : La Binée Paysanne.

15 agriculteurs Bio commercialisent 90 paniers en moyenne par semaine, avec 9 points de vente sur le nord-est du département des Côtes d’Armor moins de 3 ans après leur association. L’originalité de la Binée Paysanne tient dans son organisation logistique sur le mode des « Hub » et dans son fonctionnement décentralisé autour d’un intranet, intégré avec le site de vente.

Après avoir fonctionné un an en utilisant les logiciels de la gamme EBP, et mesuré toutes les limites et les manques pour son bon fonctionnement, l’association a réalisé un cahier des charges et fait développer un service sur mesure.

Toutes les semaines, en toute autonomie, chaque producteur mets en ligne ses produits disponibles à la vente avec leur prix. Ceux-ci sont immédiatement affichés disponibles à la vente sur le site en ligne à coté des produits des autres membres de la Binée.

Le client, après son inscription une fois pour toutes, s’identifie et indique ses commandes toutes les semaines, avant le mercredi soir.

Le producteur peut ainsi suivre en temps réel l’état de ses commandes et prévoir sa livraison du vendredi.

Le vendredi les producteurs centralisent les marchandises commandées dans un local mis à disposition de l’association, et en 2 heures composent les paniers des clients, puis rapportent ces derniers aux différents dépôts où les clients les prennent et règlent leurs achats.

Ce mode de fonctionnement évite la centralisation d’un stock au niveau de l’association, permet de couvrir, avec 9 dépôts vente, une large zone géographique et limite les coûts de transport.
Le système génère les factures des clients, les états de vente des producteurs pour permettre à chacun de faire ses factures de ventes directes, l’association n’étant que mandataire.

La Binée retient une cotisation proportionnelle au chiffre d’affaire de chaque producteur de 10% (20% si le producteur ne participe pas à la fabrication des paniers le vendredi) pour couvrir ses frais, notamment un salarié à mi-temps, qui prend aussi les commandes au téléphone (20% des ventes seulement)
La commercialisation par la Binée représente suivant les exploitations entre 5 et 80% des ventes. Le nombre de clients est en développement permanent, sans campagne de pub à l’exception de fermes ouvertes. L’essentiel des nouveaux clients venant par le « bouche à oreille ».

Ce mode de fonctionnement original, qui n’existerait pas sans Internet, a été inspiré par un groupement d’achat de consommateur « voisins de paniers » qui fonctionne sur le même principe et qui, depuis, a repris le logiciel de la Binée pour son site. La Binée Paysanne est suivi de prés par d’autres agriculteurs qui pourraient s’organiser sur le même modèle dans l’Isère et la Corrèze.

Le Minitel fait de la résistance …

Minitels

France Telecom vient de publier son rapport 2006 sur le Minitel.

La baisse annuelle du trafic se poursuit et atteint 35%. Néanmoins les services Minitel représentent encore plus de 11 millions d’heures (dont une bonne partie à partir d’émulateurs sur PC) générant un chiffre d’affaires estimé à 135 Millions d’euros.
L’annuaire des services Minitel comporte 43 services agricoles (31 en élevage, 6 en matériel, 3 en cultures, 3 en informations professionnelles) plus une dizaine de services météo.
En élevage un fait peu connu, mérite d’être souligné : 20 ans après l’ouverture, aux éleveurs, des premiers services interactifs, les serveurs des ARSOE de Bretagne, et du Nord observent encore une majorité des accès aux services d’élevage par le canal du Minitel (déclarations de naissance, demandes de passage de l’inséminateur, demande d’enlèvements pour l’équarrissage, consultations des résultats d’analyse de lait, …).

Ces éléments se retrouvent dans l’enquête Agrinautes de NTIC Agriconseil présentée à Tic-agri en décembre dernier : 18% des Agrinautes déclarent utiliser encore le minitel en parallèle d’internet pour leurs besoins professionnels, ce chiffre monte à 23 % pour les éleveurs et atteint 29% chez les laitiers.

Un PC équipé d’un modem 56 Ko ne fait pas forcément le poids devant les habitudes et la simplicité d’usage du Minitel. Vivement l’ADSL pour tous.

NICTOR régule l’eau sans fil.

nictor.jpg
Le centre de recherche Australien du Nicta a mis au point un réseau de sondes sans fil de surveillance et de gestion de l’eau dans un verger d’une dizaine d’hectares en implantant une petite centaine de bornes, baptisées Nictor .

Chaque Nictor est composé d’une puce, reliée à 5 sondes (humidité du sol, température de l’air, de la feuille, …) et d’un émetteur-récepteur Wifi. L’ensemble des Nictors reliés à une station de base (un PC), compose un réseau autonome capable de se re-configurer en cas d’indisponibilité de l’un d’entre eux (écrasement par un animal par exemple). Les Nictors doivent simplement être à moins de 200 mètres les uns des autres. La station de base ouvre et ferme le système d’irrigation permettant ainsi une gestion fine et précise, en temps réel, générant des économies d’eau et une optimisation du développement de la plante.

Outre les vergers, l’équipe du centre de recherche sur l’eau de l’université de Melbourne, travaille sur l’optimisation de l’irrigation des pâturages et de la production laitière pour proposer, d’ici 2 ans, un système simple à mettre en oeuvre et économique.

Le GPS et la PAC entraine une destruction des talus. Un jeune sur deux prêt à investir dans un robot de traite !

peleteuse1.jpg

Le GPS et la modification des référentiels pour la déclaration PAC dans le collimateur des écologistes.

Les talus qui étaient marqués d’un simple trait sur les cartes du cadastre, deviennent des surfaces réelles après les relevés au GPS des géomètres, enlevant de la surface SCOP pour les primes PAC et donc une diminution de son montant. Un élu écologique s’alarme que certains agriculteurs rasent les talus en fonction de cette nouvelle donne : « talus en danger »

Les Rencontres des Recherches sur les Ruminants « les 3 R » de décembre dernier, ont consacré une séance complète à l’identification et aux automatismes.
Parmi ceux-ci, il faut noter plusieurs interventions de François Bocquier (voir Tic-Agri) sur les bolus chez les petits ruminants, automate de tri pour l’identification automatique des ovins et utilisation des bolus pour la traçabilité des ruminants.

La publication des travaux présentés lors de ces journées n’étant prévue qu’en fin d’année il est intéressant de lire certains compte-rendus sur Web-agri notamment « Bolus pour l’identification électronique – Un taux de rétention supérieur à 99 % » et l’analyse des 15 premières années des robots de traite laitiers « Robot de traite – 0,03 à 0,04 €/litre de lait : le prix du confort », nous apprend qu’un jeune sur deux serait prêt à mettre un robot de traite dans son projet d’installation.

Postscriptum à ma précédente chronique : voir la vidéo de FR3 sur l’ADSL « techniquement impossible » à Sainte-Eulalie de Cernon .

Vers la résorption de la fracture numérique?

p1050189.JPGL’actualité électorale et la farce du raccordement ADSL « techniquement impossible » de Sainte-Eulalie de Cernon dans l’Aveyron, mais réalisé pour le passage du « ministre candidat » puis retiré après l’annulation de son déplacement, m’amène à revenir sur les solutions mises en oeuvre pour résoudre la fracture numérique.

Face à la réticence des opérateurs en milieu rural, à reconnaitre l’importance des zones blanches (ainsi France Télécom considère qu’une commune est couverte dès lors qu’un seul abonné de la commune est raccordable en ADSL, même si 90% de la commune ne l’est pas …) un certain nombre de collectivités locales ont pris le problème à bras le corps.
Les solutions choisies sont variées, la Manche a retenu le Wifimax permettant un débit de 5 fois le Wifi classique, le Haut Rhin le Wimax pour couvrir 90% de la population à 2 Mo, les choix de la Seine et Marne (60 millions d’euros pour déployer du Wimax, du Wi-Fi, du CPL et de la fibre optique) sont intéressants et bien illustrés par un petit diaporama du journal du net qui présente les différentes techniques retenues.
La région Bretagne a cédé sa licence Wimax à Rennes Métropole qui regroupe 37 communes et où résident un bon millier d’agriculteurs. Celle-ci a choisi d’utiliser les possibilités de la délégation de service public (la DSP consiste à faire établir et exploiter un réseau par un opérateur d’opérateur, conformément à la loi) en lançant un appel d’offre avec un objectif de 2 Mo pour tous et la réutilisation des infrastructures existantes des différents opérateurs. Après déploiement de la fibre optique entre les différentes installations existantes il suffira de 5 antennes Wimax pour couvrir toutes les zones blanches du territoire de Rennes Métropole. Les premiers utilisateurs devraient être desservis avant Juin 2008.

Encre RFID invisible pour l’identification électronique des animaux. Blogs video des syndicats agricoles

Les moutons (et autres animaux) pourront être identifiés RFID sans qu’on le remarque.
Une start-up du Missouri Somark Innovation vient de tester une encre de technologie RFID (Radio Frequency Identification) passive, sans puce et biocompatible. Elle fournit un marquage sans qu’il soit désormais nécessaire d’implanter une puce.
L’encre appliquée par collage ou tatouage, sans qu’il soit nécessaire de tondre l’animal, sèche en 10 secondes, et peut être détectée jusqu’à environ 1,2 mètre. D’après ses concepteurs Ramos M. Mays et Mark C. Pydynowski le prix de revient sera de l’ordre du 1/10 du prix d’une puce RFID actuelle.

A l’occasion des élections des Chambres d’agriculture, Le Télégramme de Brest a pris une initiative intéressante en ouvrant des blogs avec enregistrement vidéo pour chaque liste dans les quatre départements bretons.

3 thèmes (l’installation, le soutien à l’agriculture, agriculture et société), sont en ligne un quatrième (Concentration, agrandir ou installer ?) sera en ligne le 25 janvier ; chacun comporte une interview par syndicat (par ordre alphabétique) :

L’installation

Le soutien à l’agriculture

Comment concillier agriculture et société ?

Des moutons et des hommes RFID, des baskets GPS et Robucar.

Troupeau de moutons

La prise de position d’un berger illustre parfaitement les propos de Remi Mer en fin de journée Tic-Agri sur sa vision de l’agriculture technologique qui se trouve au coeur de tous les débats à venir, parce qu’elle touche au vivant et donc à l’humain.
Cette communication de Nicolas Bonanni, très documentée, avec de nombreuses références bibliographiques, développe une position hostile à l’identification électronique des animaux car pouvant être étendue aux humains.

Que dire alors des baskets GPS. On peut les voir comme un élément de traçage (flicage) ou comme un moyen de donner une alerte en cas de besoin dans un champ loin de la ferme …

Le Cemagref travaille sur un robot capable de suivre de manière autonome un itinéraire défini par SIG; développé à partir d’un véhicule électrique ROBUCAR tout terrain de la socité Robosoft, il intégre pour le moment des capteurs GPS RTK, vision (couleur) et d’odométrie (estimation de la position d’un véhicule en mouvement) de Robosoft, mais pas d’outil de travail. Le guidage assure une précision de l’ordre de 5 cm. La vidéo disponible en ligne montre une de ses premières sorties au Cemagref de Clermont-Ferrand

Robot dans les champs et météo belge

Robot tueur de mauvaise herbes

Un robot tueur de mauvaises herbes … le summum de l’agriculture de précision ?

Météo France grignoté par les services belges chez les agriculteurs.

Deux caméras, deux bras, quatre roues, une couverture en panneaux solaires, une liaison wifi, et voilà un PC avec 80 GO qui fait la chasse aux mauvaises herbes. A 6 km heure le robot des chercheurs de l’Université de l’Illinois Urbana-Champaign détecte et reconnaît les mauvaises herbes, d’un bras sectionne la tige et de l’autre y verse quelques gouttes d’herbicide ; on ne peut être plus précis ni plus économe ; le traitement se fait pied par pied, sans traitement sur le sol donc moins de volume et de poids à transporter.

La météo en ligne est le premier service internet utilisé par les agriculteurs nous a confirmé l’enquête Agrinautes, de NTIC Agri Conseil. Si Météo France est le site le plus regardé, il faut noter que les services de notre météo nationale ne sont utilisés que par 50 % des agrinautes, un bon tiers du trafic est fourni par Météo service (service météorologique privé belge) au travers des éditeurs (Pleinchamps, La France Agricole) Terre-net et Web-agri diffusant les deux. Le monopole national a bien vécu avec le net, la concurrence permettant d’offrir de plus en plus de services aux exploitations.

De la fracture numérique au numéro unique

Vélo wifi

Vélos Wifi » et « datamules » ou la réduction de la fracture numérique à l’Indienne.

Enfin un numéro unique, actif et commun à tous, pour chaque exploitation agricole; un vrai progrès au service de l’agriculteur, pour simplifier les échanges et éviter les multiples ressaisies.

Lors du débat final, après la présentation de Rémi Mer j’avais cité la réalisation des « vélos wifi » en Inde, comme exemple de solution originale adaptée aux contraintes et atouts locaux (les bas salaires par exemple) pour pallier la fracture numérique, à l’adresse www.unitedvillages.com vous trouverez une vidéo (sans son !) et un pdf, qui vous donneront une idée de cette organisation avec carte pré-payée, PC dans les villages et utilisation des modes de transports existants ou ajout de navettes motocyclettes (un disque dur et une antenne Wifi sur le porte-bagages, comme les livreurs de pizza) permettant de faire passer le facteur numérique jusqu’à 3 fois par jour.
Pourquoi, dans nos campagnes, qui bénéficient de nombreuses implantations agricoles (publiques, coopératives ou privées) ne pas monter un réseau haut débit ADSL, Wimax, s’appuyant sur ces différentes localisations, pour permettre à chaque exploitation de bénéficier des nouveaux services, inutilisables en simple RTC ? Qu’en pensez-vous ?

Le numéro Insee « SIREN » (9 chiffres) a été retenu comme numéro unique pour tous les formulaires du ministère de l’agriculture à partir de 2007. La mise en oeuvre de ce numéro unique, était indispensable pour permettre de relier rapidement les différentes « chapelles institutionnelles agricoles » qui ont chacune leur numéro ; ce préalable étant réalisé il n’y aura plus d’excuse valable à la question toujours renouvelée par les exploitants : « pourquoi dois-je saisir x fois la même information ? »
L’entité entreprise agricole a été définie et normalisée, permettant de simplifier le travail de l’agriculteur et de ses partenaires qui vont pouvoir échanger plus facilement les informations et permettre un développement rapide de nouveaux services pour l’agriculteur. A l’adresse http://projetgiea.fr vous trouverez un document pdf avec la normalisation des éléments permanents de l’exploitation agricole qui s’applique maintenant à tous.