8 heures et demi sur Internet par semaine, 145 000 Agrinautes, les agriculteurs ne sont pas moins « branchés » que les autres professionnels.

Portable aux champs

Contrairement à une idée reçue les exploitations agricoles ne sont plus en retard par rapport aux autres professionnels.

L’enquête permanente de l’INSEE de 2004 sur les conditions de vie des Français, montre un taux de 62,6% d’équipement en micro-ordinateurs des agriculteurs actifs identique à l’ensemble des actifs français. Le retard de 6 points mesuré en 1996 (14,6% pour 20,4 pour tous les actifs) a été comblé.
Au contraire le taux d’accès à internet des agriculteurs actifs est de 50% soit 8,5 points de plus que l’ensemble des actifs français, 9 points au dessus des artisans mais 17 points de moins que les cadres.

Le SCEES quant à lui a chiffré à 105 000 les exploitations utilisatrices d’Internet en octobre 2005 soit 50% de plus en deux ans, ou 2 000 exploitations de plus tous les mois.

Au printemps 2007 j’estime le nombre des agriculteurs professionnels utilisateurs d’Internet , les « Agrinautes », à 140 000 soit 45% des exploitations professionnelles.

Mais tous ne sont pas à la même enseigne, les uns « rament » avec un vieux modem, tandis que les autres naviguent sur la toile dix fois à vingt fois plus vite.

L’enquête « Agrinautes » de NTIC Agri Conseil nous a appris que les agriculteurs professionnels utilisant Internet se connectaient 8 heures 35 par semaine en moyenne. Le temps passé sur la toile augmentant avec l’ancienneté, puisque ce temps monte à 9 heures 50 pour ceux qui ont plus de 5 ans d’usage d’Internet.

Parmi les acteurs agricoles qui apparaissent sur le réseau je vous signale le site « Troisième point, le monde agricole en images », consacré au machinisme qui propose des vidéos à côté de ses galeries de photos consacrées aux matériels et aux chantiers.

Une coopérative de télécommunications en Bretagne pour anticiper la fracture numérique à Plévin?

Plevin Google Maps
Une question arrivée sur le Blog de Jean-Michel Billault (fondateur de l’Atelier de BNP-Paribas ) illustre parfaitement la deuxième fracture numérique.
« Est-ce que les habitants peuvent aider à développer un réseau de fibres
optiques sur une commune (Plévin 22340 ) de 800 habitants en plein essor ?
comment faire bouger les choses ?
demande « internenet »
un habitant de Plévin.
il y a des jeunes encore dans les campagnes ! El Biarnès ! Plévin en est un exemple concret ! la population rajeunit d’années en années! Après tout dépend de ce que vous entendez par jeunes! mais il n’y a pas que les jeunes a utiliser internet ! les exploitations agricoles aussi ! les entreprises etc ! Dire que la campagne parce que c’est la campagne ne mérite pas les mêmes services qu’en ville est une vision bien étroite.
La fibre optique permettrait vraiment de sortir les campagnards de leur solitude !la vie a la campagne n’est pas forcement volontaire! il faut arrêter de croire que tous les ruraux sont des urbains venus s’installer là… cette façon de penser que la campagne n’a pas le droit aux mêmes choses qu’en ville me révolte… et puis ceux des villes qui viennent s’installer seraient bien contents de trouver de la fibre optique plutôt que pas de haut débit du tout! oui je veux de la fibre, mais là en l’occurrence, je ne demande rien a personne ni a l’état ni aux fai ! la coop est une très bonne idée a creuser ! »

Jean-Michel Billault (retraité à très haut débit) propose de s’inspirer de la coopérative de télécommunication de Nuenen (en Hollande près d’Eindhoven) Close the gap qui a permis pour 800 Euro de participation par adhérent de financer un réseau local en fibre optique auquel a adhéré 75% de la population. La coopérative est propriétaire du réseau, que l’opérateur historique local a proposé de racheter …
L’initiateur de ce projet Kees Rovers, (que j’avais eu le plaisir de recevoir à Caen pour Guillaume Tel en 1985) vient de faire une présentation très remarquée lors d’un colloque consacré au Très Haut Débit « Fibre optique : interrogation et usages » au Sénat. Y avait-il des responsables professionnels agricoles à ce colloque ?

L’Idate viens de présenter une étude  » La fibre optique jusqu’à l’habitant à la conquête de l’Europe » qui met en évidence l’avance des pays du nord de l’Europe (4 pays, plus l’Italie, concentrent 96 % des raccordements FTTH de l’Europe).

De l’ADSL au Trés Haut Débit, vers une nouvelle fracture numérique dans les campagnes.

carte-ftth.png

La publication par le cabinet d’études TACTIS de la carte de France des zones couvertes par la fibre optique d’ici 2013 m’amène à revenir sur cette nouvelle fracture numérique dont risque de pâtir l’agriculture.

Le développement d’Internet dans sa première phase (RTC) ne soulevait pas de problème d’infrastructure puisqu’il reposait sur les paires de fil de cuivre existantes mis en place par notre opérateur historique national pour le téléphone. L’accélération des débits et la multiplication des applications utilisant notamment des caméras et des vidéos, nécessite la mise en place de nouvelles infrastructures, reposant sur la fibre optique (sauf nouvelle technologie à venir toujours possible).

Aujourd’hui parmi les agriculteurs utilisateurs d’internet, l’enquête Agrinautes 2006 (NTIC AGRI CONSEIL) nous révèle que 75% des agrinautes ont accès à l’ADSL, mais seulement 55 % d’entre eux ont un débit supérieur à 512 Ko. Visionner une vidéo avec un débit de 512 Ko seulement n’est pas des plus confortables … ne parlons pas de Web-Télévision. Ainsi 40% seulement de l’ensemble des agrinautes ont accès à un ADSL supérieur à 512 ko.

En RTC un certain nombre d’agriculteurs, débordés par les flots de spam, renoncent déjà à utiliser leur messagerie, il y a urgence à généraliser l’ADSL.
La carte de couverture ADSL fournie par France Télécom est établie sur le critère d’au moins un abonné raccordable dans la commune. Le fichier des communes ouvertes à l’ADSL est accessible par région en cliquant sur la carte.

La fracture numérique ne se mesure pas uniquement sur le débit mais également sur le prix. Aussi se pose le problème de la prise en charge de l’équipement des zones blanches (zones non rentables pour un opérateur privé) non seulement pour l’ADSL mais aussi pour l’accès au Très Haut Débit. Les agriculteurs ont certainement intérêt à s’en préoccuper dès maintenant et à mobiliser tous les acteurs des territoires ruraux pour poser le problème dans sa globalité.

Déjà l’IDATE dénombre, en France, une soixantaine de délégations de service public en Très Haut Débit. La collectivité prenant à sa charge une partie de l’infrastructure, avant d’en confier la commercialisation à un opérateur privé, mais ces initiatives ne concernent que très rarement le territoire rural, seuls 2 départements seraient concernés dans leur totalité : la Seine-et-Marne et le Rhône.

Pour illustrer le besoin de haut débit je vous signale les nouvelles vidéos mises en ligne par Web-agri à l’occasion d’Eurogénétique. portant sur deux robots de traite (VMS de Delaval et Titan de RMS) ainsi que quelques présentations du concours.

La Vidéo agricole fait une entrée remarquée sur le net.

Un clip internet primé par le SYRPA, des vidéos machinisme du SIMA en ligne, des reportages au SIA de la porte de Versailles, une mise en vidéo de matériel à vendre sur l’exploitation, … un nouveau monde d’images se profile sur le net agricole. Il préfigure de nouveaux services à venir qui utiliseront du haut débit. Il est grand temps que toutes les exploitations soient connectables en ADSL, alors que déjà le « Très Haut Débit » commence à s’installer dans les coeurs de villes. Désolé pour ceux qui sont encore en RTC mais pratiquement tous les liens qui suivent conduisent à des vidéos.
Des artistes s’emparent du monde agricole au festival AgriCinéma du SYRPA qui a remis son prix « Talents en herbe » aux élèves de terminale du lycée Thère, dans la Manche pour leur clip chanson « Deux peuples à casquettes »

Ce clip a été déjà vu par 4000 personnes en quelques jours; il participe à renouveler l’image passéiste qui colle à la peau des agriculteurs (pour ne pas dire « Bouseux » terme que j’ai encore vu dans un blog très fréquenté cette semaine). Bravo à Stéphanie Jouet leur enseignante et à toute la classe.

« Basket et salopettes
Nous, on s’est mis au vert
Pas besoin de Karcher
On n’est pas sur la paille
Quand on a du bétail
Pour élever des petits veaux
On n’est pas des blaireaux. »

D’une manière générale le palmarès du SYRPA, de cette année marque à mon avis un virage dans la communication agricole. Elle sort de son ghetto et rejoint dans sa forme et sur le fond la communication grand public.Dans le même temps, les salons sont l’occasion de mettre en ligne pour la première fois de nombreuses vidéos professionnelles.Ainsi au SIMA Terre-net a réalisé une dizaine de clips commerciaux diffusés sur son site via Dailymotion.

COMEXPO propose des reportages quotidiens sur le Salon de la porte de Versailles diffusés également sur Dailymotion.

Des exploitants précurseurs tournent déjà des vidéos de leur matériel à vendre comme ce tracteur Belarus 1986, préfigurant ainsi un nouveau marché de petites annonces.

Le Minitel fait de la résistance …

Minitels

France Telecom vient de publier son rapport 2006 sur le Minitel.

La baisse annuelle du trafic se poursuit et atteint 35%. Néanmoins les services Minitel représentent encore plus de 11 millions d’heures (dont une bonne partie à partir d’émulateurs sur PC) générant un chiffre d’affaires estimé à 135 Millions d’euros.
L’annuaire des services Minitel comporte 43 services agricoles (31 en élevage, 6 en matériel, 3 en cultures, 3 en informations professionnelles) plus une dizaine de services météo.
En élevage un fait peu connu, mérite d’être souligné : 20 ans après l’ouverture, aux éleveurs, des premiers services interactifs, les serveurs des ARSOE de Bretagne, et du Nord observent encore une majorité des accès aux services d’élevage par le canal du Minitel (déclarations de naissance, demandes de passage de l’inséminateur, demande d’enlèvements pour l’équarrissage, consultations des résultats d’analyse de lait, …).

Ces éléments se retrouvent dans l’enquête Agrinautes de NTIC Agriconseil présentée à Tic-agri en décembre dernier : 18% des Agrinautes déclarent utiliser encore le minitel en parallèle d’internet pour leurs besoins professionnels, ce chiffre monte à 23 % pour les éleveurs et atteint 29% chez les laitiers.

Un PC équipé d’un modem 56 Ko ne fait pas forcément le poids devant les habitudes et la simplicité d’usage du Minitel. Vivement l’ADSL pour tous.

Vers la résorption de la fracture numérique?

p1050189.JPGL’actualité électorale et la farce du raccordement ADSL « techniquement impossible » de Sainte-Eulalie de Cernon dans l’Aveyron, mais réalisé pour le passage du « ministre candidat » puis retiré après l’annulation de son déplacement, m’amène à revenir sur les solutions mises en oeuvre pour résoudre la fracture numérique.

Face à la réticence des opérateurs en milieu rural, à reconnaitre l’importance des zones blanches (ainsi France Télécom considère qu’une commune est couverte dès lors qu’un seul abonné de la commune est raccordable en ADSL, même si 90% de la commune ne l’est pas …) un certain nombre de collectivités locales ont pris le problème à bras le corps.
Les solutions choisies sont variées, la Manche a retenu le Wifimax permettant un débit de 5 fois le Wifi classique, le Haut Rhin le Wimax pour couvrir 90% de la population à 2 Mo, les choix de la Seine et Marne (60 millions d’euros pour déployer du Wimax, du Wi-Fi, du CPL et de la fibre optique) sont intéressants et bien illustrés par un petit diaporama du journal du net qui présente les différentes techniques retenues.
La région Bretagne a cédé sa licence Wimax à Rennes Métropole qui regroupe 37 communes et où résident un bon millier d’agriculteurs. Celle-ci a choisi d’utiliser les possibilités de la délégation de service public (la DSP consiste à faire établir et exploiter un réseau par un opérateur d’opérateur, conformément à la loi) en lançant un appel d’offre avec un objectif de 2 Mo pour tous et la réutilisation des infrastructures existantes des différents opérateurs. Après déploiement de la fibre optique entre les différentes installations existantes il suffira de 5 antennes Wimax pour couvrir toutes les zones blanches du territoire de Rennes Métropole. Les premiers utilisateurs devraient être desservis avant Juin 2008.

De la fracture numérique au numéro unique

Vélo wifi

Vélos Wifi » et « datamules » ou la réduction de la fracture numérique à l’Indienne.

Enfin un numéro unique, actif et commun à tous, pour chaque exploitation agricole; un vrai progrès au service de l’agriculteur, pour simplifier les échanges et éviter les multiples ressaisies.

Lors du débat final, après la présentation de Rémi Mer j’avais cité la réalisation des « vélos wifi » en Inde, comme exemple de solution originale adaptée aux contraintes et atouts locaux (les bas salaires par exemple) pour pallier la fracture numérique, à l’adresse www.unitedvillages.com vous trouverez une vidéo (sans son !) et un pdf, qui vous donneront une idée de cette organisation avec carte pré-payée, PC dans les villages et utilisation des modes de transports existants ou ajout de navettes motocyclettes (un disque dur et une antenne Wifi sur le porte-bagages, comme les livreurs de pizza) permettant de faire passer le facteur numérique jusqu’à 3 fois par jour.
Pourquoi, dans nos campagnes, qui bénéficient de nombreuses implantations agricoles (publiques, coopératives ou privées) ne pas monter un réseau haut débit ADSL, Wimax, s’appuyant sur ces différentes localisations, pour permettre à chaque exploitation de bénéficier des nouveaux services, inutilisables en simple RTC ? Qu’en pensez-vous ?

Le numéro Insee « SIREN » (9 chiffres) a été retenu comme numéro unique pour tous les formulaires du ministère de l’agriculture à partir de 2007. La mise en oeuvre de ce numéro unique, était indispensable pour permettre de relier rapidement les différentes « chapelles institutionnelles agricoles » qui ont chacune leur numéro ; ce préalable étant réalisé il n’y aura plus d’excuse valable à la question toujours renouvelée par les exploitants : « pourquoi dois-je saisir x fois la même information ? »
L’entité entreprise agricole a été définie et normalisée, permettant de simplifier le travail de l’agriculteur et de ses partenaires qui vont pouvoir échanger plus facilement les informations et permettre un développement rapide de nouveaux services pour l’agriculteur. A l’adresse http://projetgiea.fr vous trouverez un document pdf avec la normalisation des éléments permanents de l’exploitation agricole qui s’applique maintenant à tous.