Fracture numérique deux réponses différentes : en France un secrétariat d’état, au Japon un satellite à trés haut débit.

Satellite télécom

La rumeur court sur Internet depuis quelques jours : la nomination d’un secrétaire d’Etat aux nouvelles technologies pourrait intervenir très prochainement et André Santini aurait la préférence des internautes.

Une nomination qui, si elle avait lieu, aurait pour but de répondre à « la fracture numérique » de notre pays et concernerait donc fortement l’agriculture. L’attribution des fréquences en or libérées par l’arrêt de la télévision analogique en décembre 2011 sera certainement un de ses premiers dossiers à traiter pour la mise en place d’un réseau à très haut débit mobile (voir les dividentes numériques).

Pendant ce temps pour combler les zones blanches inaccessibles à la fibre optique (nous n’en sommes qu’aux zones sans ADSL dans nos campagnes) le Japon s’apprête à lancer un satellite de télécommunications à très haut débit , qui permettra d’obtenir des débits supérieurs à ceux de la fibre optique sur tout le territoire.

Il faut savoir qu’aujourd’hui au Japon les abonnés situés à moins de 2 km d’un central, peuvent télécharger à trés haute vitesse à 45 M0 pour 30€ par mois !! et que les abonnés fibre optiques sont plus nombreux que les abonnés ADSL.

Manche Numérique mutualise les coûts de développement de la fibre optique (FFTH) pour tous.

ADSL Manche numérique

Manche Numérique

Légende carte Manche numériqueLégende 2 carte Manche numérique

Le réseau de fibres optiques de la Manche, d’environ 800 km, est opérationnel et figure parmi les plus denses de France.

Désormais, 99,6 % des Manchois ont la possibilité de se connecter à l’internet haut débit, grâce aux solutions adaptées et évolutives, combinant les technologies filaires et sans fil.

Fin novembre 2007, en plus des centraux téléphoniques ouverts dans la Manche par France Télécom et offrant l’accès à l’internet à haut débit via les technologies DSL, 199 stations WiFimax sont implantées pour desservir particuliers et entreprises insatisfaits de leur débit ADSL ou non couverts par cette technologie. La carte interactive (cliquer sur « Bus » dans le bas de la page) en ligne sur le site de Manche Numérique permet de bien visualiser l’articulation des différentes techniques utilisées.

Ces déploiements ne sont pour autant pas un achèvement. En effet, des micro-zones «blanches», impossibles à identifier a priori, subsistent. De nouvelles stations WiFimax sont en cours de déploiement afin de traiter les cas isolés qui, selon notre estimation, concernent mille à deux milles foyers, soit 0,4 % de la population et moins de 1,5 % du territoire.

Deux opérateurs locaux exploitent l’infrastructure : Ouest Telecom, qui propose un accès internet avec la téléphonie illimitée pour environ 30 euros par mois, et Média Manche qui offre un accès internet complété par la location d’un PC pour 65 euros mensuels.
Manche Numérique va déployer son réseau optique jusqu’à l’abonné (FFTH) pour couvrir 35% du département en 6 ans. Il y a 250.000 foyers dans le département de la Manche le chantier sera réalisé en 3 phases : les agglomérations de St Lô et Cherbourg (26.000 foyers fibrés en sept. 2009), puis les « poches campagnardes rentables » pour les opérateurs privés, et enfin le « non rentable » c’est à dire les agriculteurs au fond des campagnes.

Jean-michel Billault dans son blog « Vivement la retraite ! (à très haut débit naturellement) » nous informe de son montage financier :
« Pas d’argent public dans la phase 1… Manche Numérique, et cela est trés astucieux, fait en effet financer le réseau, qui reste la propriété de la collectivité, par un opérateur neutre détenteur d’une délégation de service public, lequel s’appuye sur le, et probablement les opérateurs privés..
En fait, il y a mutualisation du réseau, financé en définitive par les opérateurs privés… Le prix de la prise optique est estimé aux alentours de 500 €… Neuf Cegetel a accepté de venir et Free et FT sont en cours de négociation avancée semble-t-il… Naturellement, plus ils seront nombreux, et moins ils payeront de droit d’entrée… (un seul droit d’entrée payable en une fois, ensuite plus rien.. Ce qui diffère du modèle de Pau).
Pour le reste du département, les fourreaux de fibre seront accrochés aux poteaux électriques (c’est aux élus locaus de prendre la décision).. Il y en a partout dans la campagne des poteaux électriques…
A noter que le département dispose sur son territoire de la seule entreprise française de fabrication de fibres (Acome), qui a mis au point une technologie de fourreaux air/terre (si on enterre les fils électriques, on enterre aussi le même fourreau de fibres… Pas besoin de le remplacer)… … des services nouveaux vont émerger. La Manche a ainsi un partenariat avec Intel qui va mettre à sa disposition son réseau mondial de business angels pour toutes les start-ups qui voudront venir s’installer en Manche pour tester, puis proposer leurs services… »

Les agriculteurs de la Manche sauront-ils profiter de cette avance technologique pour mettre en place des applications et des services innovateurs au service de l’ensemble de l’agriculture ? Le Wikimanche qui vient de s’ouvrir aura-t-il un contenu agricole ? Les 24 Espaces Numériques Publiques permettront-ils de développer l’usage auprès des agriculteurs ? Les organisations professionnelles rejoindront-elles les impôts, la MSA et la DDA dans ces espaces ?

De l’ADSL au Trés Haut Débit, vers une nouvelle fracture numérique dans les campagnes.

carte-ftth.png

La publication par le cabinet d’études TACTIS de la carte de France des zones couvertes par la fibre optique d’ici 2013 m’amène à revenir sur cette nouvelle fracture numérique dont risque de pâtir l’agriculture.

Le développement d’Internet dans sa première phase (RTC) ne soulevait pas de problème d’infrastructure puisqu’il reposait sur les paires de fil de cuivre existantes mis en place par notre opérateur historique national pour le téléphone. L’accélération des débits et la multiplication des applications utilisant notamment des caméras et des vidéos, nécessite la mise en place de nouvelles infrastructures, reposant sur la fibre optique (sauf nouvelle technologie à venir toujours possible).

Aujourd’hui parmi les agriculteurs utilisateurs d’internet, l’enquête Agrinautes 2006 (NTIC AGRI CONSEIL) nous révèle que 75% des agrinautes ont accès à l’ADSL, mais seulement 55 % d’entre eux ont un débit supérieur à 512 Ko. Visionner une vidéo avec un débit de 512 Ko seulement n’est pas des plus confortables … ne parlons pas de Web-Télévision. Ainsi 40% seulement de l’ensemble des agrinautes ont accès à un ADSL supérieur à 512 ko.

En RTC un certain nombre d’agriculteurs, débordés par les flots de spam, renoncent déjà à utiliser leur messagerie, il y a urgence à généraliser l’ADSL.
La carte de couverture ADSL fournie par France Télécom est établie sur le critère d’au moins un abonné raccordable dans la commune. Le fichier des communes ouvertes à l’ADSL est accessible par région en cliquant sur la carte.

La fracture numérique ne se mesure pas uniquement sur le débit mais également sur le prix. Aussi se pose le problème de la prise en charge de l’équipement des zones blanches (zones non rentables pour un opérateur privé) non seulement pour l’ADSL mais aussi pour l’accès au Très Haut Débit. Les agriculteurs ont certainement intérêt à s’en préoccuper dès maintenant et à mobiliser tous les acteurs des territoires ruraux pour poser le problème dans sa globalité.

Déjà l’IDATE dénombre, en France, une soixantaine de délégations de service public en Très Haut Débit. La collectivité prenant à sa charge une partie de l’infrastructure, avant d’en confier la commercialisation à un opérateur privé, mais ces initiatives ne concernent que très rarement le territoire rural, seuls 2 départements seraient concernés dans leur totalité : la Seine-et-Marne et le Rhône.

Pour illustrer le besoin de haut débit je vous signale les nouvelles vidéos mises en ligne par Web-agri à l’occasion d’Eurogénétique. portant sur deux robots de traite (VMS de Delaval et Titan de RMS) ainsi que quelques présentations du concours.